Trouver l'âme sœur

14 août 2016

"C'est quand on ne cherche plus qu'on trouve"

Je souhaiterais examiner cette phrase qui m'a très souvent été sortie quand je déplorais n'avoir jamais réussi à avoir une relation de couple. Je ne pense pourtant pas être un psychopathe, j'ai mes petits défauts comme tout le monde, et je connais de vrais salauds qui n'ont aucun problème pour trouver une femme. Je ne suis pas non plus physiquement un monstre ; certes j'ai quelques kilos en trop et ne suis pas un Apollon, mais je pense plutôt bien présenter et avoir un visage plutôt agréable à regarder. Alors, quelle est la raison du fait que je n'ai toujours pas trouvé de compagne, comme ont réussi l'immense majorité des gens de mon âge qui n'ont pas fait vœu de chasteté ?

La première explication qu'on me sort très souvent est ma timidité et mon manque de confiance en moi. Le problème est que cette raison-là, on me l'a sortie dès mon adolescence, c'est-à-dire à un âge où on est censé se chercher et où il est absurde de prétendre être confiant en soi sans passer pour un prétentieux et un blanc-bec, puisqu'on ne connaît rien de la vie, même si on est un excellent élève (le véritable savoir ne s'acquiert pas, selon moi, dans les livres mais dans l'expérimentation des relations humaines avec les joies et les peines qui leur sont afférentes). La confiance en soi ne s'acquiert pas ex nihilo, elle résulte de réussites tangibles qu'on a pu obtenir au moyen d'efforts déployés face à toutes sortes de difficultés que la vie nous a présentées. Cela vaut aussi bien dans le domaine sentimental que dans le domaine professionnel. Le problème est que j'ai échoué dans ces deux domaines (sauf depuis un an dans le second, où je commence à sortir la tête de l'eau, mais je reprends confiance en moi, parce que les circonstances hasardeuses de la vie m'ont permis de trouver un emploi que j'aime, bien que sous le statut précaire de l'intérim). Dans ces conditions, plus les années passent, et plus les inhibitions que presque tous les adolescents ont se conservent et même se renforcent avec l'âge, de sorte que plus je vieillis, moins j'ai l'assurance que les femmes attendent d'un homme de mon âge, ce qui affaiblit d'autant les chances de rencontres. C'est donc un véritable cercle vicieux... Pour le briser, il faudrait que je rencontre une femme qui comprennent ma situation et passe outre les apparences, en me considérant comme un type fini, incapable désormais d'avoir une relation de couple, du fait de son inexpérience visible (même en ne disant rien de moi, je suis certain que les femmes le ressentent très rapidement après quelques mots échangés avec moi au sujet de toute autre chose). Je ne désespère pas de faire une telle rencontre, comme un employeur a pu me donner ma chance en m'offrant un emploi dans le nouveau secteur où je voulais travailler, après de nombreux mois de vaines recherches, au cours desquelles on a pu me dire, lors des rares entretiens auxquels j'ai pu être convoqué, que je ne pouvais être embauché du fait de mon absence d'expérience dans ce secteur. Mais cela ne dépend pas de moi, et je crains fort qu'il soit encore plus compliqué de trouver une femme passé un certain âge, quand on n'a aucune expérience sentimentale, que de trouver un emploi...

La seconde explication que j'avance me semble plus crédible : si je ne trouve pas, ce n'est pas tant à cause de moi (je ne cherche pas à me déresponsabiliser, mais je remets tout simplement en question le mythe contemporain de l'individu tout-puissant qui forge son propre destin, car même si nous sommes tous confrontés à des difficultés, d'une nous n'avons pas tous les mêmes capacités à les surmonter, de deux part, nous ne tombons pas également tous sur les occasions favorables nous permettant d'en sortir et de trois, les obstacles rencontrés sont très inégaux selon les individus), mais c'est à cause d'un ensemble de raisons objectives qui ne m'ont pas permis de lever ma timidité d'adolescent. La première de ces raisons est un contexte familial difficile qui m'a rendu inconcevable d'inviter une jeune fille chez moi. La deuxième raison est mon obstination à poursuivre des études de philosophie sans autre débouché que le professorat, en pensant qu'à force de persévérance, j'allais être reçu aux concours auxquels je me suis présenté durant de nombreuses années. Pendant ce temps-là, je n'avais qu'un petit emploi à temps partiel et ai habité chez mes parents jusqu'à 30 ans, avant que ceux-ci me logent dans un studio, guère plus propice à une vie en couple. La troisième raison est ma quasi absence de relations sociales, ce dont je suis conscient d'être responsable, mais en même temps, ce n'est pas ma seule timidité qui m'a empêché de mener une activité de loisir qui m'aurait permis de rencontrer des jeunes de mon âge, mais aussi une fatigue chronique inexplicable, qui m'a empêché pendant longtemps de prendre des initiatives. Ce n'est qu'à 37 ans que j'ai pu me débarrasser de cette fatigue chronique en allant voir un psychologue (par ailleurs illuminé, mais peu importe seul le résultat compte), utilisant une machine émettant des champs électromagnétique et mise au point pas un docteur dont il était l'héritier spirituel. Mais en attendant que de temps perdu... Au passage, après m'être interrogé en vain sur les causes de cette fatigue chronique, je pense qu'elle a été causée par la prise d'un médicament lourd contre l'acné quand j'avais 18 ans... Enfin, j'avancerai une quatrième raison : mes propres exigences confrontées aux exigences du type de femme que je recherche : j'ai des critères physiques particuliers (les femmes de type nordique m'ont toujours attiré, or ces femmes-là sont minoritaires et le seront de plus en plus avec la montée inexorable de l'immigration extra-européenne), et on ne peut me reprocher de m'accrocher à ces critères, car on ne choisit pas ses préférences sexuelles, elles s'imposent à nous (sinon, allez reprocher à un homosexuel de ne pas faire l'effort d'être hétérosexuel !) ; ensuite, je ne suis pas un beau parleur et ne cherche pas à séduire une femme en lui racontant des choses qui ne correspondent pas à ce que je suis ; or j'ai constaté que c'est souvent sur le fondement de discours mensongers, en faisant croire à l'autre ce que l'on n'est pas, que des couples se forment, raison pour laquelle ils finissent tout aussi souvent à se défaire quelques années après ; enfin ma propre conception du monde est en complet décalage avec l'idéologie féministe qu'adoptent aveuglément la grande majorité des femmes occidentales modernes ; elles vivent sur de fausses évidences qui leur ont été inculquées dès leur enfance  : au prétexte que le monde d'autrefois n'était pas parfait, au lieu de corriger ces imperfections on sombre dans l'excès en niant les différences fondamentales existant entre l'homme et la femme, tout en les réaffirmant inconsciemment de façon schizophrénique, car si la femme moderne se prétend être indépendante et l'égale de l'homme, je constate qu'elle recherche toujours un homme qui lui soit supérieur sur un certain plan, soit un homme plus riche qu'elle (ce qui est le cas la plupart du temps), soit un athlète, grand, fort et musclé, incarnation du mâle parfait, soit encore un homme imaginatif, plein d'esprit, sûr de lui en toutes circonstances et ayant du "bagout". Enfin, une cinquième raison, sans doute moins essentielle que les autres, mais qui a tout de même son importance, est que je n'ai jamais su comment m'habiller, à une époque où on prétend de façon contradictoire que chacun doit s'habiller comme il veut et où on juge celui qui n'est pas habillé en accord avec sa personnalité (comme si cela était évident pour tout un chacun !). Dès lors, le fait d'être conscient de ne pas savoir comment je devrais m'habiller, en choisissant des vêtements qui à la fois me plaisent et ne sont pas jugés ridicules au regard de la mode du moment renforce mon apparence d'homme inhibé et emprunté, ce qui est un parfait repoussoir pour séduire une femme...

Cette explication donnée, j'en reviens donc à la phrase d'introduction : "c'est quand on ne cherche plus qu'on trouve". Rien de plus faux en réalité, si l'on comprend que, si on rencontre par hasard une personne avec qui on est en affinité, on doit d'abord être disposé à pouvoir à faire se lier avec elle, et cela n'est possible que si on se sent suffisamment en confiance pour lui dire les bons mots au bon moment, qui vont pouvoir créer une relation intime ; or, comme je l'ai dit plus haut, la confiance en soi ne se décrète pas, mais résulte d'un ensemble de circonstances dont on n'est pas maître. Cela dit, je ne sombre pas pour autant dans le désespoir, dans la mesure où la prise de conscience de sa dépendance aux circonstances constitue une nouvelle période de l'existence, celle après laquelle on prétendait réaliser ses objectifs au moyen de sa seule volonté. Maintenant, je sais que je peux mourir célibataire, mais je sais aussi qu'en réfléchissant sur mon parcours de vie, je me mets dans des dispositions favorables pour rencontrer la femme que je pourrais considérer comme ma moitié. J'ai aussi conscience que cette réflexion prend du temps, mais qu'elle ne peut que porter ses fruits, même si ce n'est pas dans cette vie-ci, car je suis convaincu que notre conscience n'est pas le simple produit d'un corps mortel mais l'expression d'une âme immortelle, mais cela relève d'une tout autre discussion...

Posté par Phenixpensant à 19:20 - Commentaires [0] - Permalien [#]